Bon évidemment vous n'allez pas me croire si je vous dit que Vista est une application riche... et pour cause, ça n'en est pas une. Mais l'application que je souhaite vous présenter n'est pas autre chose qu'une émulation graphique de... Windows Vista ! Attention, WPF/E est nécessaire (à télécharger ici).

Windows Vista en WPF/E

Vous connaissiez peut-être déjà cette application, qui a fait quelques bruits il y a quelques temps. C'est en fait un slovène appelé 'smargroth' qui a développé ceci grâce à WPF/E. Ce qui veut donc dire que ceci est aussi utilisable sur MacOS X. Là où j'hallucine,  c'est sur cette qualité graphique qu'a su retrouver le développeur pour offrir un webtop (bureau sur le web) totalement skinné à la manière de Vista. Sans oublier les effets, transparences, etc. Je suis bluffé.

Sans parler du temps de développement qui a du être relativement long, on s'aperçoit donc de la puissance de WPF/E qui ne doit pas avoir grand chose à envier à Flash (hormis son taux de pénétration, pen-rate comme dirait certains ;)). Sur le lien que je vous propose, vous apercevez même un élément en 3D qui tourne, et bien qu'il n'est pas sans défaut, c'est très surprenant et agréable de trouver ceci dans son navigateur.

Vista 3D

J'ai encore du mal à cerner l'utilité totale d'un webtop, mais si on ne garde que le coté graphique, on s'aperçoit alors de la force des technologies riches. Ne se dirige t'on pas vers une fusion des technologies pour les applications "natives" comme l'on pourrait créer avec WPF et celles dites "web" comme celles créées avec Flex ou WPF/E ? Les mêmes outils sont utilisés pour créer des interfaces, peu importe le type de service. Cela m'amène à conclure que l'interface a une importance considérable dans l'expérience utilisateur. Et c'est maintenant qu'apparraissent les véritables technologies capables d'offrir un meilleur confort d'utilisation à l'utilisateur.
Voilà quelque chose que je cherchais depuis longtemps : un article complet sur Apollo décrivant ce que c'est, son utilisation, les technologies utilisées et surtout son objectif. Ecrit par Mike Chambers (certainement le membre de l'équipe Apollo le plus actif envers la communauté), voici donc pour moi l'article de référence sur Apollo : Why Apollo ?
En fait, il s'agit du premier chapitre du petit bouquin paru pour la sortie d'Apollo alpha, que l'on peut télécharger sur Adobe Labs. Mais il est certainement plus agréable de lire un article de présentation qu'un livre entier destiné aux développeurs.

Adobe Apollo

Voici en concentré les points soulignés par Mike Chambers :
  • Les applications Apollo complètent les applications web, elles ne les remplacent pas.
  • Apollo fait partie de la stratégie Adobe (et Macromedia) de développement de RIA (Rich Internet Application). Pour offrir une expérience utilisateur meilleure, il fallait se donner de la liberté en sortant du cadre imposé par le navigateur.
  • Apollo n'est pas un environnement d'exécution bas niveau : on ne pourra pas y construire certaines applications.
  • Apollo est un environnement d'exécution haut niveau : il permet de construire la couche visible d'applications, et apporte les outils nécessaires pour les relier à des environnement plus bas niveau.
  • Apollo est basé sur des technologies applicatives (Flash, HTML, JS, CSS) et sur des technologies documentaires (PDF, HTML également).
  • Apollo utilise WebKit comme moteur de rendu HTML, le même présent dans le navigateur Safari. Pourquoi ? Car c'est un projet libre, respectueux des standards, qu'il est petit et adaptable sur des téléphones portables.
  • Apollo n'est pas qu'un conteneur de ces technologies : il permet également de relier les langages de script utilisés. Par exemple, le Javascript et l'Actionscript.
  • Apollo offre des nouvelles fonctionnalités dont le but est d'offrir une meilleure expérience utilisateur à vous, utilisateur. Les applications sont intégrées à votre bureau, et non plus enfermées dans un navigateur.
  • Enfin, NON, Apollo n'est pas un navigateur, Apollo ne veut pas remplacer les applications web, Apollo les complètent.
Je crois que le message est on ne peut plus clair. Et rien ne vaut un brin de répétition pour s'assurer de la bonne compréhension d'une technologie encore difficile à cerner.
Bien que pas extrêmement récent, je souhaitais vous présenter Microsoft Photosynth, une application que j'ai pu voir en démonstration et qui est maintenant disponible au grand public.

Microsoft Photosynth

Photosynth est un outil de visualisation de photos qui récupère et analyse vos photos et les reconstituent dans un environnemment 3D. Là où ça devient extra, c'est qu'on peut se déplacer parmi les photos en cliquant dessus et donc avoir l'impression de se trouver carrément dans un jeu vidéo avec pour décor les photos de nos dernières vacances !

Je trouve la navigation très bonne parmi les photos : un dock est présent en dessous de l'environnemment pour une vision plus linéaire, il nous est proposé de zoomer sur les photos, on peut accéder aux informations sur la photo courante, etc.

Microsoft Photosynth : deux images recollées

Toute la force de Photosynth est présente dans ses algorithmes de reconnaissance de forme pour rassembler des éléments 2D dans un espace 3D. Alors du coup, cela donne quelques idées aux ingénieurs Microsoft et aux membres de l'université de Washington (ayant eux aussi participé au projet) : de la reconnaissance de lieu ! Exemple : vous prenez une tour quelconque en photo avec votre téléphone portable, et Photosynth se chargera de comparer l'image avec sa base de données pour vous fournir le nom de la tour.

Bien que je ne sais pas quelles sont les technologies utilisées pour le rendu de l'interface graphique, j'ai classé cette application dans la catégorie "riche" car il utilise à fond certains principes comme l'utilisation de vos photos, la richesse graphique et une ergonomie innovante.

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à regarder les quelques vidéos ou à essayer la tech preview !
La sortie d'Adobe Apollo 1.0 alpha lundi dernier a créé un petit buzz technologique, et même en France où le sujet était extrêment plat, de nombreux billets sont apparus. J'ai donc choisi quelques articles, plus ou moins intéressants, de personnes plus ou moins enthousiastes. Puis je vous donnerais mon avis sur cet accueil.

En anglais tout d'abord :
  • Apollo is about more than technology : un billet par les concepteurs d'une des premières applications Apollo : Finetune Desktop. Il est intéressant de voir qu'au delà d'une technologie, ils voient en Apollo une évolution des applications web vers le bureau. Et ils croient en Apollo pour faire naître une meilleure relation entre les marques (qui a dit eBay ?) et leurs clients.
  • The origins of Apollo : où Kevin Lynch, architecte logiciel sur Apollo explique qu'Apollo est la troisième tentative de création d'un tel environnement, et surtout que cela n'aurait pas été possible sans l'acquisition par Adobe de Macromedia.
  • Adobe Apollo - doesn't quite cut it : où le bloggeur compare l'installation (et donc l'utilisation) d'une application web et d'une application Apollo. La question en suspens : les avantages d'Apollo compensent ils l'installation ? Je ne sais pas si cette question est pertinente mais quand je lis "the rich interface capability of normal AJAX apps and Apollo apps is comparable", je pense que cette personne ne connait pas bien Apollo : en effet, pour faire court Apollo = HTML/Javascript (donc AJAX) + Flash + PDF.
  • Apollo : more Microsoftian crap from Adobe : un point de vue très négatif, malheureusement basé sur des arguments foireux : "Apollo, Flash, FLex [...] versioned up for sale" : tous ces produits sont gratuits (les SDK, pas les IDE (dont il existe des versions open source gratuites))... "lock-you-in-to-a-platform" : Windows, MacOS et Linux (pour la version 1.0 finale) ça ne suffit pas ? "We don’t need word processors online" : hors propos, Apollo n'offre pas ça... Bref à mon avis, un avis inutile et complètement faux.
  • Adobe Apollo : beyond the hype : une présentation bien complète des capacités d'Apollo, avec un paragraphe sur Philo (l'application de TV d'Adobe) et un élargissement de la discussion vers les nouvelles technologies d'interface.
  • Apollo 1.0 : not exactly the moon : un avis moins enthousiaste que d'autres, mais certainement un des plus intéressants. L'auteur y compare Apollo à Firefox 3 (qui proposera aussi d'être occasionnellement déconnecté) et s'interroge sur le fait qu'Apollo soit "dirigé" par Adobe et n'ai donc pas les avantages d'un logiciel open source.
  • Why Adobe Apollo will be great : où David se montre très enthousiaste, en pensant par exemple à ce que donnerait une application comme Google Docs & Spreadsheets avec des capacités de gestion hors-ligne.
Finetune Desktop
Finetune Desktop
Et en français :
  • Apollo : le Rich Internet Application visité par Adobe : bien que je ne comprenne pas vraiment le titre, le Journal du net propose un article plutôt complet et bien renseigné sur Apollo.
  • Apollo d'Adobe : une révolution : où bomel s'interroge sur l'avenir des applications. Le retour sur le bureau est-il une nouvelle avancée ou un retour en arrière ?
  • Apollo, le futur des applications web ? première démonstration vidéo : où Thierry Bézier présente Apollo et notamment Finetune en vidéo ! Je trouve l'initiative excellente, quel dommage qu'il s'y glisse quelques erreurs. Comment comparer Java et Apollo ? Cela n'a pas vraiment de rapport. Et les commentaires ne sont pas vraiment pertinents...
  • Apollo : comment mettre le navigateur en orbite ! : malheureusement ce billet n'est pour moi pas clair et je pense que Pascal Hebert n'a pas tout à fait bien compris ce qu'apportait Apollo. Ce n'est absolument pas un navigateur, et il faut le sortir d'une image orientée 100% Internet. Je pense de plus que la comparaison iTunes / Apollo n'est pas exacte : iTunes est une application, Apollo est un environnement d'exécution...
  • Le projet Apollo montre le haut : une présentation bien complète. Guillaume s'est bien renseigné et voit en Apollo un virage de l'édition logicielle. J'apprécie également quand il dit qu' il est encore tôt pour se prononcer en faveur de Windows Presentation Foundation et Apollo, tant les deux frameworks en sont à leurs débuts. Je suis entièrement d'accord avec lui.
Adobe Apollo
Mon analyse après quelques heures de lecture ici ou là :
  • Tout d'abord, il y a encore beaucoup de choses peu claires concernant Apollo : la sécurité, le PDF, Linux, etc. Cela montre à quel point Apollo n'en est qu'à ses débuts et qu'il ne faut pas juger trop vite cette technologie.
  • Ensuite, la plupart des gens ayant essayé une application Apollo ont été globalement séduits par le concept. Interactif, simple, plutôt élégant. Il faut également savoir (pour les développeurs) que le développement est réellement simple car les outils sont bons et déjà présents.
  • Il y a pas mal de sceptiques, mais j'ai l'impression que ceux qui critiquent le plus sont ceux qui connaissent le moins. Apollo n'est pas un navigateur, ni un portage du flash player hors du navigateur, ni un framework, ni une machine à café : c'est un environnement d'exécution multi-plateforme, gratuit, pouvant faire fusionner les technologies HTML, CSS, Javascript, Flex, Flash, ActionScript, PDF et proposant d'autres fonctionnalités d'interaction avec le bureau de l'utilisateur.
  • J'en tire comme conclusion que la technologie est assez difficile à cerner et qu'un travail de communication plus important devrait être effectué, notamment en France, via des articles de presse ou sur des grands lieux du web francophone.
  • La grande inconnue qui ressort est tout de même la capacité d'adaptation de l'utilisateur à ses applications. C'est à mon avis ce qui guidera l'avenir d'Apollo (entre autres). Maintenant, wait & see, et à nous concepteurs d'applications de trouver LA bonne idée qui pourra convaincre les utilisateurs.

A propos

Le client riche arrive, sur Internet ou sur votre bureau. Plus qu'un changement, c'est une véritable évolution : vers un Internet riche.

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