Depuis l’annonce par Microsoft de Silverlight, les annonces vont bon train, déclarant qu’enfin la guerre est déclarée entre la firme de Redmond et Adobe. Et c’est vrai, maintenant que Microsoft lance un concurrent direct sur les plates bandes du Flash Player, le match est ouvert.
Intéressons nous tout d’abord au nouveau : Silverlight de Microsoft. Connu auparavant sous le nom de WPF/E, Silverlight est un plug-in pour navigateurs, et ce sur plusieurs systèmes d’exploitations (pour le moment, sur Windows et sur Mac). Le but avoué : offrir des expériences à ses utilisateurs. Le terme d’expérience revient très souvent chez Microsoft et justifie donc ces nouvelles technologies d’interfaces.
Silverlight propose donc des expériences au niveau des médias, des vidéos, etc. Le tout pour créer des Rich Internet Applications. On voit donc que la ligne directrice est la même que celle d’Adobe avec Flex : offrir un moyen de faire des applications, et non pas uniquement du graphisme.
Regardons maintenant quelques points (que nous pourrons ensuite retrouver chez Adobe).
Le taux de pénétration du plug-in Silverlight est forcément très important. L’installation du plug-in chez un utilisateur fait de lui une cible potentielle. Un utilisateur ne l’ayant pas installé est donc pour le moment muet face aux expériences Silverlight. Que faire pour que le taux de pénétration atteigne un niveau convenable ? Microsoft est surement LA société qui a le plus de cartes en main pour répandre son plug-in de façon exponentielle. On risque donc de voir arriver Silverlight sur Windows Update, ou directement inclus dans IE7 pour les prochaines versions. Certains diront encore que Microsoft se montre intrusif, mais la majorité des utilisateurs n’y verra rien. Microsoft a donc les cartes en main pour proposer son plug-in très rapidement et au plus grand nombre. Mais il leur faudra tout de même du temps, et leur politique d’expansion sera à surveiller (La mise à jour via Windows Update sera-t-elle obligatoire ? Recommandée ? Comment faire sous Mac ?).
Au niveau de la taille, le plug-in fait uniquement 2Mo. A l’époque du haut débit, on peut vraiment parler de tout petit téléchargement, et donc peu de refus par l’utilisateur à cause d’un téléchargement trop long.
Les capacités techniques de Silverlight sont nombreuses : j’ai déjà présenté ici quelques applications et l’on se rend rapidement compte que les possibilités, notamment graphiques, sont assez énormes.
Enfin dernier point, Microsoft semble vouloir ancrer Silverlight sur le créneau de la vidéo, notamment Haute Qualité. Jouant sur le « point faible » du Flash Player, Silverlight propose donc une gestion avancée de la vidéo. Se basant sur le codec inclut dans le Windows Media Player, Silverlight permettra donc de lire des films directement dans votre navigateur, peu importe la qualité. Et lorsque l’on voit l’impact de la vidéo en ligne (citons YouTube, myspace, dailymotion), on peut être certain que cela jouera en faveur de Silverlight.

Microsoft se donne donc les moyens d’attaquer son nouveau concurrent Adobe sur le terrain où il est le plus à l’aise : le plug-in pour navigateur. Bien que ce que propose Microsoft soit armé pour répandre Silverlight, propose techniquement des nouveautés et semble performant sur l’un des enjeux principaux du moment (la vidéo en ligne), je me pose tout de même la question sur le bénéfice de livrer cette lutte en terrain déjà conquis. L’avenir des applications Web n’est-il pas sur le bureau ? Le retard (Flash Player a déjà 10 ans) sera-t-il comblé ? Il faudra à mon avis qu’un des leaders du Web « force » l’utilisation de Silverlight pour que le service décolle véritablement.
A suivre, un article sur Adobe et sa riposte à l’annonce de Silverlight...
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