Que ce soit une ligne de commande ou un site web, l’interface est présente en chacune des interactions entre l’homme et l’ordinateur (ou presque, on doit pouvoir trouver des exceptions). L’informatique se développe a une vitesse phénoménale, et parfois il faut prendre le temps de faire le point sur ce qui s’achève pour repartir sur des évolutions. 2007 se présente comme l’année des interfaces riches, sur Internet ou sur le bureau. Les technologies sont là ou presque : Flex, Apollo, WPF, WPF/E, Eclipse RCP, OpenLaszlo, XUL, etc. Le public aussi est prêt à l’accueillir. Voyons maintenant quelques éléments que se doivent d’apporter ces outils de création d’interface.

L’utilisateur réticent à utiliser l’ordinateur a peur de s’y perdre, « ne comprend rien » et surtout n’arrive pas à trouver ce qu’il souhaite facilement. Pourquoi ? Tout simplement car l’interface qui lui est proposé ne lui convient pas. D’un point de vue matériel, le clavier et la souris ne sont pas idéaux mais déjà simples d’utilisation : peut-être que dans le futur proche, nous verrons de nouveaux périphériques mais pour le moment, le souci n’est pas là. En effet, les logiciels semblent tous complexes à l’utilisateur novice : à quoi peut servir la croix, pourquoi je dois cliquer là et double cliquer ici, etc. La prise en main demande donc un effort de compréhension et de concentration. Le meilleur moyen de faciliter ces deux aspects n’est autre que d’améliorer les interfaces, de les rendre plus utilisables, et ce sur plusieurs critères :

  • La simplicité : en limitant le nombre d’actions à faire pour obtenir un résultat, en automatisant les traitements et en ne surchargeant pas l’interface, l’utilisateur peut assimiler plus facilement l’intérêt et la manière de se servir du service. Il n’est pas perdu et peut se concentrer sur ce qu’il souhaite au lieu de devoir comprendre comment y arriver.
  • L’intuitivité : une interface intuitive permettra à l’utilisateur de vite apprécier l’application. En passant moins de temps à trouver l’information qu’il souhaite, il a d’autant plus de temps pour atteindre son objectif (que ce soit l’achat d’un objet en ligne, le traitement de ses factures ou la lecture d’un dvd). Pour rendre une interface intuitive, il existe de multiples méthodes. Une des bases est de présenter clairement (sans exagérer) les différentes actions possibles via tous les éléments disponibles : un texte court mais assez gros, des icônes parlantes, un code couleur cohérent, etc. Les technologies riches présentent ici un avantage indéniable : la facilité de nouvelles interactions comme le glisser-déposer d’éléments, action on ne peut plus intuitive.
  • L’attirance graphique : ce point est assez délicat à décrire mais présente une importance à ne pas négliger. L’utilisateur sera toujours plus réticent à utiliser un client lourd (fond gris, menu ‘Fichier, Edition, etc.’ en haut, les trois icônes en haut à droite, etc.) qu’un client riche. Les avantages que propose ce dernier sont énormes : tous les éléments peuvent être personnalisés, redessinés, et ce très facilement. On peut même intégrer de la 3D. En fait, le coté graphique énormément de la cible visé. Mais les applications riches s’appliquent également aux logiciels d’entreprise : les couleurs seront plus sobres mais d’autres nouveautés prennent le dessus : des composants plus spécialisés, un ensemble cohérent avec l’image de l’entreprise, de nouvelles fonctionnalités permettant un gain de temps, etc. L’attirance graphique n’est pas à prendre à la légère : c’est souvent elle qui intéressera l’utilisateur (tout du moins au début : l’apparence est primordiale au premier contact – non, je ne parle pas de joutes romantiques).

Sur tous ces points, les technologies riches apportent énormément de nouveautés. Il en ressort déjà de bonnes pratiques mais nous n’en sommes à mon avis qu’aux balbutiements des capacités ergonomiques de ces nouvelles interfaces.

Connaissez-vous quelques applications / sites web bouleversant les fondamentaux d’une interface ? Je trouve que l’Adobe Tour Tracker est un bon exemple : une vidéo en fond et des panneaux transparents par-dessus, ce n’est pas habituel et le résultat est pourtant réussi. Le Times Reader est également très novateur, dans un autre domaine. En connaissez-vous d’autres ?

Connaissez-vous SparkAngels ? C'est un service français d'entraide numérique.

Spark angels

Le concept est très simple : il se base sur une relation accompagné - accompagnateur. Vous rencontrez un problème de configuration ou d'installation et vous avez un ami qui sait vous aider, mais qui habite malheuresement à l'autre bout de la France.. Que faire ? Tout simplement utiliser SparkAngels. Ce logiciel (à télécharger gratuitement et surtout automatiquement) permet en effet à une personne de partager l'écran d'un autre, et de controler souris et clavier pour aider cette personne.

Spark angels : accompagn� ou accompagnateur ?

Pour ceux qui connaissent, cela s'apparrente à ce que l'on peut faire avec VNC. Néanmoins, l'avantage (et non des moindres) est sa simplicité : quelques options à configurer (le site est très bien documenté) et votre ordinateur est prêt à se faire "aider" ! Niveau sécurité, aucun problème : l'application a été certifiée et vous ne serez jamais en contact avec des inconnus.

En bref, voilà à mon avis un service qui mérite d'être connu, ne serait-ce que pour l'utilité qu'il pourra fournir à de nombreux internautes. Pour suivre tout cela de plus près, n'hésitez pas à consulter leur blog.
Venant de finir sa lecture, je souhaite vous présenter un livre sur la conduite de projet Web : Re design Web 2.0 de Kelly Goto et Emily Cotler. Ce livre est paru aux Editions Eyrolles en juillet 2005, deuxième édition (voir le livre).

Re design Web 2.0

Ce livre présente une méthodologie de projet Web basée sur cinq axes :

  • Définition du projet
  • Développement de la structure du site
  • Conception graphique et validation
  • Production et contrôle qualité
  • Lancement et maintenance

Notez tout de même que cette méthode n’est pas spécifique au Web 2.0 : il est juste présent car c’est la seconde édition du livre. De plus, le terme re design vient préciser que l’on parlera de refonte de site web, mais la méthodologie serait quasiment équivalente pour un nouveau projet. A noter également que cette seconde version propose quelques rajouts, comme un chapitre sur les tests d’ergonomie.

J’ai apprécié :

  • La mise en page du livre, vraiment bien agencé et très agréable à lire
  • La méthodologie, très bien décrite et expliquée (on voit qu’elle a servi)
  • Les nombreux éléments qui sont là pour illustrer : images, tableaux, études de cas, encarts, etc.
  • Certaines parties spécifiques comme les tests d’ergonomie

J’ai moins aimé :

  • Le coté trop fonctionnel qui présente une méthodologie de conduite de projet sans aborder les possibles soucis techniques
  • Le coté un peu dépassé de certains aspects (comme quoi, tout a beaucoup changé en 2 ans et demi)
  • La répétition de certains éléments (au moins ça va rentrer !)
  • Des passages qui me troublent : on parle par exemple de feuille de spécifications techniques et l’on doit y lister les fonctionnalités avancées... J’appellerais plutôt cela un document de spécification fonctionnelle, non ?

Toutefois :

  • Il serait intéressant de mettre à jour cette méthodologie pour des projets plus techniques : comment développer en parallèle le front et le back-office ? Comment faire valider la technique par le client ? Comment effectuer une recette ?
  • Egalement se pose la question de la réalisation d’un projet d’application internet riche. On ne réfléchit plus autant en écrans mais également en « parties d’écrans », en transitions, en enchainements. Ce sont des nouveaux éléments très importants qui mériteraient un chapitre à eux seuls. 

Je vous encourage à lire ce livre, ou du moins le consulter si possible. Quelques extraits sont disponibles sur le site d’Eyrolles. J'ai aimé sa lecture mais je reste étonné des choses qui ont changé en si peu de temps !

Apollo est la nouvelle technologie riche d'Adobe. C'est un environnement d'exécution multi-plateforme pour Flash, HTML et PDF : pour plus d'infos, consultez cette fiche : Technologie riche : Adobe Apollo. Pas encore sortie, elle fait déjà parler d'elle et suscite diverses réactions. Parmi celles-ci, je viens de lire récemment ce que je pense être le meilleur article de réflexion sur cette technologie : Apollo. What is it good for? Absolutely.... La question qui s'y pose n'est pas forcément "Que peut-on faire avec ?" mais plutôt "A qui s'adressera les applications Apollo ?". Une question vraiment pertinente qui me donne donc envie :
  • de vous résumer cet article en français
  • de donner en parallèle mon avis sur certains points
Tout d'abord, il faut savoir qu'Apollo est encore en développement. Une version alpha publique devrait voir le jour en mars, mais ce n'est encore une rumeur. Toujours est-il que de nombreuses interrogations se posent et qu'évidemment, Apollo connait enthousiastes et détracteurs. Pour réfléchir, basons nous sur de l'existant, c'est à dire les applications que nous connaissons déjà :
Il existe d'autres applications Apollo : par exemple, le mashup de Google maps et de vCard de Christophe Conraets, ou encore les projets Kiwi ou Yourminis. Bref, il y a déjà de nombreux développements avec Apollo et l'on peut voir l'intérêt que portent certaines sociétés.

A partir de ces exemples et d'une réflexion faite via des outils de mind mapping, l'auteur du blog Weblycan (je ne trouve pas son nom !) a su en retirer les forces, faiblesses et opportunités.

Les forces

Evidemment, le point fort d'Apollo est sa capacité multi-plateforme. Notamment car c'est le seul éditeur à proposer ceci pour créer des RDA. En effet, WPF est bloqué à Windows XP et Vista. Là dessus, tout le monde souligne que c'est un bon point, il n'y a plus vraiment à discuter.

Ensuite, Apollo est multi-contenu : c'est à dire qu'il peut afficher du flash, du html, de l'ajax, du pdf, etc. En mélangeant ainsi les formats, Adobe tout d'abord s'ouvre à un grand nombre de développeurs et propose aussi d'augmenter la richesse d'une application flash ou web "classique".

Apollo n'est pas une nouveauté : c'est une extension de Flex. Ainsi, pas besoin pour les développeurs Flex d'apprendre de nouveaux langages ou outils : la communauté existe, le changement sera minime au point de vue de l'adaptation mais grand au niveau du résultat. Et c'est certainement ainsi que l'on verra très rapidement émerger de bons développeurs Apollo : en effet, il n'y aura pas une formation trop longue pour le maitriser.

Enfin, l'auteur de Weblycan met en avant son point favori : les applications occasionnellement connectées. C'est à dire qu'elles peuvent se synchroniser en ligne et fonctionner également sans connexion. Cette fonction fait parler d'elle car certains la voient inutiles. Je pense plus personnellement que cela dépend vraiment du contexte. Offrez une RDA à n'importe quel utilisateur professionnel qui se déplace souvent, et je pense qu'il sera content de pouvoir s'en servir, même hors ligne. De plus, la connexion n'est pas aussi répandue de manière uniforme en Europe qu'aux USA... Donc oui, je suis preneur !

Pour moi, le point sur lequel il faut encore plus insister est le fait que les applications pourront être développées très rapidement. La reprise de l'existant sera faisable et très simple ; l'HTML s'intégrera de manière transparente. Au final, on pourra créer des applications riches très puissantes et utilisant de l'existant avec des gains de temps non négligeables. Et c'est également un point fort pour les sociétés désirant utiliser Apollo.

Les faiblesses et les craintes

Evidemment il en existe ! Tout d'abord, les applications devront être téléchargées. Cela rebute tous les accrocs tagués 'Web 2.0' qui ne veulent plus jurer que par les applications en ligne. Et c'est effectivement une gêne. Mais pour qu'un utilisateur installe une nouvelle application, je pense que celle-ci doit venir de grands groupes réputés, ou que son utilisation soit vraiment innovante et proposant de réelles nouveautés.

Ensuite, les comportements utilisateurs ne sont peut-être pas adaptés. Et c'est à mon avis l'un des points les plus intéressants et à creuser. Comment réagirions nous face à une application qui nous mâche le travail, sans que l'on ait cette impression de sécurité via une phase de login ? C'est certainement un enjeu encore très flou qui va apparaître avec les nouvelles applications riches : comment obtenir l'ergonomie qui fera adhérer le client ?

Enfin, cela rajoute des applications sur le bureau, surchargeant toujours l'utilisateur d'icônes. Bien évidemment, on imagine déjà un aggrégateur de services Apollo :)

Les opportunités

Voilà certainement la partie la plus intéressante de l'article. Je vous laisse lire l'article complet pour tous les détails, et je vous offre ma vision plus personnelle des cinq catégories ciblées :
  • Les utilisateurs professionnels
  • Les utilisateurs finaux - consommateurs
  • Les utilisateurs finaux - processus longs ou moyens gérés seuls
  • Les groupes d'utilisateurs
  • Les utilisateurs finaux - utilisation personnelle
La partie qui semble la plus prometteuse est bien évidemment celle des utilisateurs professionnels. En effet, tout le monde s'intéressant un peu à Google Docs souhaite voir la suite Google se déporter sur le bureau, et gommer ainsi le dernier défaut qu'on pourrait leur trouver. Toute une suite d'outils semi-collaboratifs pourraient être crées. De plus, les applications professionnelles sont construites par des professionnels : pas de souci donc au niveau de la provenance du contenu. Le point à enjeu : l'ergonomie de ces applications.

Les utilisateurs finaux - consommateurs ne seront pas forcément les plus concernés. En effet, un consommateur peut avoir deux idées en tête lors d'un achat : il sait ce qu'il veut et va sur le site concerné, ou il veut chercher les prix et les données et veut un large choix. Dans tout cela on ne retrouve pas vraiment les RDA : qui irait installer une application pour acheter un produit ? En fait, il faudrait pouvoir créer des applications "comparatrices de prix" qui agrège les sites marchands à la manière d'un Kelkoo ou autre. Ainsi, on pourrait également effectuer un suivi. On peut également voir l'exception eBay comme un modèle, le système d'enchère voulant un suivi régulier sur un site. Mais il existe peut de services Web du même genre.

Les utilisateurs finaux - processus longs ou moyens gérés seuls ; c'est certainement assez flou. Un exemple : je déménage, je cherche un appartement. Je vais donc chercher pendant quelques semaines des annonces, les éplucher, les trier, les conserver, etc. Imaginez-vous une application proposant de suivre certains sites immobiliers et de faire des recherches filtrées, de conserver des éléments dans un panier, etc. L'intérêt serait très fort s'il est bien présenté. Et les domaines d'applications peuvent être nombreux : achat d'une voiture, suivi d'un prêt, etc. Cela ferait pour moi partie des applications les plus 'excitantes' à créer car certainement assez innovantes.

Les groupes d'utilisateurs : on peut penser là aux écoles, aux instituts, bref tout ce qui nécessiterait un service partagé et commun. Flex propose ce partage de contenu (comme dans Adobe Connect) et on pourrait imaginer des outils d'e-learning enfin puissants car d'un coté connecté pour offrir de l'interactivité entre les utilisateurs du groupe, et de l'autre en local pour conserver des documents, les transférer, etc. Ce domaine reste pour moi tout de même assez flou, et il y a certainement du travail à effectuer mais les résultats pourraient être surprenants.

Enfin, les utilisateurs finaux pour leur utilisation personnelle : un petit calendrier, des widgets pour la météo, etc. Cela peut paraître très gadget et surtout limité pour porter une technologie comme Apollo, mais il faut également voir à plus grande échelle : un outil de partage de photos (une sorte de Picasa-Flickr) ou de vidéos, etc. Et même mieux : je suppose que la plupart d'entre vous font leur comptes sur un tableur ou un outil spécialisé. Vous consultez vos comptes sur le service net de votre banque, et ainsi vérifiez que vous avez bien reçu votre paye de février :) Que penseriez-vous d'un outil hybride permettant la synchronisation de vos comptes "personnels" avec les chiffres que tient votre banque ? Certains pourraient voir des problèmes de sécurité, mais ceux-ci seront les mêmes que ceux existants.

On le voit donc, il y a vraiment énormément de possibilités pour créer des applications riches diverses et variés. Personnellement, j'espère pouvoir travailler sur ce genre d'applications très bientôt, car les enjeux et les problématiques sont très intéressants.

Après cette longue écriture, je conclurais en disant que l'article dont je me suis inspiré est excellent et je vous engage encore à le relire !

Rechercher