Apollo est la nouvelle technologie riche d'Adobe. C'est un environnement d'exécution multi-plateforme pour Flash, HTML et PDF : pour plus d'infos, consultez cette fiche :
Technologie riche : Adobe Apollo. Pas encore sortie, elle fait
déjà parler d'elle et suscite diverses réactions. Parmi celles-ci, je viens de lire récemment ce que je pense être le meilleur article de réflexion sur cette technologie :
Apollo. What is it good for? Absolutely.... La question qui s'y pose n'est pas forcément "Que peut-on faire avec ?" mais plutôt "
A qui s'adressera les applications Apollo ?". Une question vraiment pertinente qui me donne donc envie :
- de vous résumer cet article en français
- de donner en parallèle mon avis sur certains points
Tout d'abord, il faut savoir qu'Apollo est encore en développement. Une version alpha publique devrait voir le jour en mars, mais ce n'est encore une rumeur. Toujours est-il que de nombreuses interrogations se posent et qu'évidemment, Apollo connait enthousiastes et détracteurs. Pour réfléchir, basons nous sur de l'existant, c'est à dire les applications que nous connaissons déjà :
Il existe d'autres applications Apollo : par exemple, le mashup de Google maps et de vCard de Christophe Conraets, ou encore les projets Kiwi ou Yourminis. Bref, il y a déjà de nombreux développements avec Apollo et l'on peut voir l'intérêt que portent certaines sociétés.
A partir de ces exemples et d'une réflexion faite via des outils de mind mapping, l'auteur du blog
Weblycan (je ne trouve pas son nom !) a su en retirer les forces, faiblesses et opportunités.
Les forces
Evidemment, le point fort d'Apollo est sa capacité multi-plateforme. Notamment car c'est le seul éditeur à proposer ceci pour créer des RDA. En effet, WPF est bloqué à Windows XP et Vista. Là dessus, tout le monde souligne que c'est un bon point, il n'y a plus vraiment à discuter.
Ensuite, Apollo est multi-contenu : c'est à dire qu'il peut afficher du flash, du html, de l'ajax, du pdf, etc. En mélangeant ainsi les formats, Adobe tout d'abord s'ouvre à un grand nombre de développeurs et propose aussi d'augmenter la richesse d'une application flash ou web "classique".
Apollo n'est pas une nouveauté : c'est une extension de Flex. Ainsi, pas besoin pour les développeurs Flex d'apprendre de nouveaux langages ou outils : la communauté existe, le changement sera minime au point de vue de l'adaptation mais grand au niveau du résultat. Et c'est certainement ainsi que l'on verra très rapidement émerger de bons développeurs Apollo : en effet, il n'y aura pas une formation trop longue pour le maitriser.
Enfin, l'auteur de Weblycan met en avant son point favori : les applications occasionnellement connectées. C'est à dire qu'elles peuvent se synchroniser en ligne et fonctionner également sans connexion. Cette fonction fait parler d'elle car certains la voient inutiles. Je pense plus personnellement que cela dépend vraiment du contexte. Offrez une RDA à n'importe quel utilisateur professionnel qui se déplace souvent, et je pense qu'il sera content de pouvoir s'en servir, même hors ligne. De plus, la connexion n'est pas aussi répandue de manière uniforme en Europe qu'aux USA... Donc oui, je suis preneur !
Pour moi, le point sur lequel il faut encore plus insister est le fait que les applications pourront être développées très rapidement. La reprise de l'existant sera faisable et très simple ; l'HTML s'intégrera de manière transparente. Au final, on pourra créer des applications riches très puissantes et utilisant de l'existant avec des gains de temps non négligeables. Et c'est également un point fort pour les sociétés désirant utiliser Apollo.
Les faiblesses et les craintes
Evidemment il en existe ! Tout d'abord, les applications devront être téléchargées. Cela rebute tous les accrocs tagués 'Web 2.0' qui ne veulent plus jurer que par les applications en ligne. Et c'est effectivement une gêne. Mais pour qu'un utilisateur installe une nouvelle application, je pense que celle-ci doit venir de grands groupes réputés, ou que son utilisation soit vraiment innovante et proposant de réelles nouveautés.
Ensuite, les comportements utilisateurs ne sont peut-être pas adaptés. Et c'est à mon avis l'un des points les plus intéressants et à creuser. Comment réagirions nous face à une application qui nous mâche le travail, sans que l'on ait cette impression de sécurité via une phase de login ? C'est certainement un enjeu encore très flou qui va apparaître avec les nouvelles applications riches : comment obtenir l'ergonomie qui fera adhérer le client ?
Enfin, cela rajoute des applications sur le bureau, surchargeant toujours l'utilisateur d'icônes. Bien évidemment, on imagine déjà un aggrégateur de services Apollo :)
Les opportunités
Voilà certainement la partie la plus intéressante de l'article. Je vous laisse lire l'article complet pour tous les détails, et je vous offre ma vision plus personnelle des cinq catégories ciblées :
- Les utilisateurs professionnels
- Les utilisateurs finaux - consommateurs
- Les utilisateurs finaux - processus longs ou moyens gérés seuls
- Les groupes d'utilisateurs
- Les utilisateurs finaux - utilisation personnelle
La partie qui semble la plus prometteuse est bien évidemment celle des utilisateurs professionnels. En effet, tout le monde s'intéressant un peu à Google Docs souhaite voir la suite Google se déporter sur le bureau, et gommer ainsi le dernier défaut qu'on pourrait leur trouver. Toute une suite d'outils semi-collaboratifs pourraient être crées. De plus, les applications professionnelles sont construites par des professionnels : pas de souci donc au niveau de la provenance du contenu. Le point à enjeu : l'ergonomie de ces applications.
Les utilisateurs finaux - consommateurs ne seront pas forcément les plus concernés. En effet, un consommateur peut avoir deux idées en tête lors d'un achat : il sait ce qu'il veut et va sur le site concerné, ou il veut chercher les prix et les données et veut un large choix. Dans tout cela on ne retrouve pas vraiment les RDA : qui irait installer une application pour acheter un produit ? En fait, il faudrait pouvoir créer des applications "comparatrices de prix" qui agrège les sites marchands à la manière d'un Kelkoo ou autre. Ainsi, on pourrait également effectuer un suivi. On peut également voir l'exception eBay comme un modèle, le système d'enchère voulant un suivi régulier sur un site. Mais il existe peut de services Web du même genre.
Les utilisateurs finaux - processus longs ou moyens gérés seuls ; c'est certainement assez flou. Un exemple : je déménage, je cherche un appartement. Je vais donc chercher pendant quelques semaines des annonces, les éplucher, les trier, les conserver, etc. Imaginez-vous une application proposant de suivre certains sites immobiliers et de faire des recherches filtrées, de conserver des éléments dans un panier, etc. L'intérêt serait très fort s'il est bien présenté. Et les domaines d'applications peuvent être nombreux : achat d'une voiture, suivi d'un prêt, etc. Cela ferait pour moi partie des applications les plus 'excitantes' à créer car certainement assez innovantes.
Les groupes d'utilisateurs : on peut penser là aux écoles, aux instituts, bref tout ce qui nécessiterait un service partagé et commun. Flex propose ce partage de contenu (comme dans Adobe Connect) et on pourrait imaginer des outils d'e-learning enfin puissants car d'un coté connecté pour offrir de l'interactivité entre les utilisateurs du groupe, et de l'autre en local pour conserver des documents, les transférer, etc. Ce domaine reste pour moi tout de même assez flou, et il y a certainement du travail à effectuer mais les résultats pourraient être surprenants.
Enfin, les utilisateurs finaux pour leur utilisation personnelle : un petit calendrier, des widgets pour la météo, etc. Cela peut paraître très gadget et surtout limité pour porter une technologie comme Apollo, mais il faut également voir à plus grande échelle : un outil de partage de photos (une sorte de Picasa-Flickr) ou de vidéos, etc. Et même mieux : je suppose que la plupart d'entre vous font leur comptes sur un tableur ou un outil spécialisé. Vous consultez vos comptes sur le service net de votre banque, et ainsi vérifiez que vous avez bien reçu votre paye de février :) Que penseriez-vous d'un outil hybride permettant la synchronisation de vos comptes "personnels" avec les chiffres que tient votre banque ? Certains pourraient voir des problèmes de sécurité, mais ceux-ci seront les mêmes que ceux existants.
On le voit donc, il y a vraiment énormément de possibilités pour créer des applications riches diverses et variés. Personnellement, j'espère pouvoir travailler sur ce genre d'applications très bientôt, car les enjeux et les problématiques sont très intéressants.
Après cette longue écriture, je conclurais en disant que l'article dont je me suis inspiré est excellent et je vous engage encore à le relire !